Qu’est-ce qui nous empêche de changer ?

Bifurcation quel chemin choisir ?

Hier soir, si vous habitez dans la région lyonnaise, il était difficile de passer à côté (presse, réseaux sociaux etc.) de l’inauguration du nouveau stade OL, à Décines. Avec une capacité de près de 60 000 places, il va accueillir les futurs matchs de l’Olympique Lyonnais (et ainsi décharger le stade de Gerland et par ricochet le centre ville les soirs de match, ouf !), ainsi que 6 matchs de l’Euro 2016.

Non loin de vouloir relancer la polémique sur les financements douteux et les retombées économiques discutables de cet OL Land, je souhaite attirer votre attention sur un autre point lié à cet édifice. La construction du stade lyonnais s’est faite sur l’expropriation malhonnête et forcée (pour ne pas dire « bourrine ») de nombreuses familles aux alentours, dont la médiatisation a été particulièrement soutenue par l’agriculteur Philippe Layat.

En effet, pour résumer, Philippe Layat se voit déposséder de 9 hectares de ses terres, possédées par sa famille depuis plus de 400 ans, son territoire coupé en deux pour construire une route qui desservira le vaste projet OL… Avec une indemnisation d’1€ le m2…  Si vous souhaitez plus de détails sur ce sujet, je vous laisse jeter un oeil à la série d’articles rédigée par les équipes de Rue 89 Lyon ).

Donc, en fait, des familles, des agriculteurs attachées depuis des siècles à leurs parcelles ont été expropriés de force, sans indemnité convenable, pour servir des intérêts économiques privés et permettre à une population spécifique de pouvoir se divertir. Non, nous ne sommes pas dans une lointaine province chinoise victime de la construction d’un barrage, mais bien en France, et tout est normal.

Je vais le dire d’emblée : je méprise le foot. Quand je regarde avec le maximum d’objectivité et de discernement cet événement, je ne peux m’empêcher d’être choquée (et en colère) qu’autant de supporters puissent encore se déplacer dans ce stade de la honte : comment peut-on faire comme si de rien n’était ? Comment est-ce possible que des personnes puissent passer du bon temps sur le dos de familles expropriées ? Comment peut-on encore être aussi fanatique d’un sport aussi souillé de scandales financiers et sociaux ? Comment peut-on encore vendre et porter un t-shirt à la gloire de personnes qui tour à tour sont accusées de chantage, escroquerie, délinquance, agressions sur mineures, viols … ? Ma colère me fait m’égarer un peu, mais finalement pas tant que ça.

Passée la colère, je me suis finalement dit que ce n’était pas forcément évident de mettre un terme à une « passion », et encore, quand celle-ci est souillée par autant de scandales et de faits tous plus écoeurants les uns que les autres, je suis rassurée de voir certaines personnes en être dégoûtées. Au fond, si on cherche bien, on a tous un centre d’intérêt, un hobby, une consommation, un mode de vie pas très très clean… (qu’est-ce qu’il l’est vraiment ?)

On sait qu’il est bourré d’huile de palme néfaste pour notre santé, et que sa culture intensive est en partie responsable de la destruction de la forêt amazonienne, mais on ne peut se passer du Nutella. On sait qu’on gaspille de l’eau, mais que vaut le délice de se plonger dans un bon bain chaud ? On sait que la plupart des vêtements de grandes chaînes que l’on achète ont été fabriqués par des enfants à l’autre bout de la planète, mais a-t-on vraiment les moyens / les opportunités d’acheter autre chose ? …

La liste est longue et au bout du compte, le constat est sans appel : partant de ce principe, il faudrait radicalement changer nos modes de vie (ou dit autrement « mais on ne vit plus là !). Dans l’absolu, si l’on est contre certaines pratiques, il serait à priori normal de s’y opposer et de changer son comportement. Pourtant nous sommes tous particulièrement réticents à changer en profondeur nos habitudes.

Moi la première, j’ai regardé avec effroi We Feed the World, Super Size Me, et tous ces reportages qui dénoncent les conditions d’exploitation des animaux au sein de l’industrie agro-alimentaire et laitière, et pourtant il est encore bien difficile pour moi d’en stopper la consommation complète. Je suis entrain dans un premier temps de supprimer les produits laitiers dont je considère l’exploitation intensive (et même dans les fermes biologiques) particulièrement choquante, mais j’avoue que me passer de fromage est quand même compliqué…

La faute au confort ? Aux habitudes ? Au train-train ? Mais au fond, lorsqu’on se retrouve face à une situation problématique, on cherche une solution (d’ailleurs que faites-vous quand vous êtes face à un problème que vous ne savez pas résoudre ? Vous allez sur internet !). Alors, pourquoi ne procédons-nous pas de la même façon en empruntant un chemin qui semble plus escarpé mais qui nous mène vers une sérénité, une conscience et un mieux-être sans pareils ?

Il y a des tas de choses que je pourrais changer dans ma consommation personnelle, dans mes habitudes, dans mon mode de vie pour qu’ils soient plus responsables et éthiques, mais plutôt que de me lancer dans un changement radical où je pourrais vite me décourager, je préfère procéder par étapes.

Cependant, il me semble nécessaire de garder un oeil constant sur chaque composante de son mode de vie, si l’on souhaite faire évoluer de manière plus responsable celui-ci évidemment, mais, je me demande, combien de temps peut-on encore garder ses oeillères ?

Si le changement peut-être vécu difficilement, prendre du temps et demander de sacrées concessions (le fromage !), plusieurs aspects peuvent être mis en perspective pour rendre vos petits changements plus faciles et rester motivés.

Plus profond que les bonnes résolutions promptes en cette période, je vous invite à réfléchir sur un ou plusieurs aspects de votre vie et ce que leur changement pourrait apporter à votre entourage, au monde, à vos convictions.

Le sentiment d’accomplissement de son engagement,  la sérénité, la paix avec soi-même et la gratitude n’ont pas de prix !

  • Sélectionnez une cause en particulier qui vous interroge, vous offusque le plus : l’exploitation animale, la pollution, le gaspillage… Prenez le temps de vous renseigner et identifier vos comportements « problématiques » sur ce sujet.
  • Mettez en perspective les efforts à fournir par rapport aux résultats  : prendre les transports en commun, le vélo, ou marcher plutôt que d’utiliser sa voiture, en ville, vous fera peut-être finalement gagner du temps, vous permettra de vous dépenser un peu plus, et de découvrir d’autres endroits sympas !
  • Procédez par étapes, et ne vous mettez pas la pression : dans mon cas, je songe à repenser ma consommation de denrées animales en n’achetant à terme que de la viande biologique, « fair price », et respectueuse de la condition animale.
    Dans un premier temps, ce qui me semble être le plus important c’est d’arrêter les produits laitiers, puis de reconsidérer mes besoins en protéine, et éventuellement faire un tour par la case « végé » faute de quoi un pouvoir d’achat nécessaire pour de la viande high quality.
  • Plutôt que de supprimer un comportement, on peut essayer de trouver une alternative : plutôt que de couper les ponts avec les matchs de foot, pourquoi ne pas s’investir dans un petit club local ? Jouer, entraîner, supporter ou simplement être bénévole pour transmettre les valeurs et la passion qui vous anime en toute éthique !
  • Renseignez-vous : devenir végétarien ou vegan ne s’improvise pas ! Vous trouverez sur le net de nombreux sites pour vous donner des idées de recettes, vérifiez vos apports nutritionnels, ou encore rejoindre des communautés d’adeptes !
  • N’ayez pas peur du regard des autres : expliquez calmement votre point de vue, les raisons qui ont motivé votre choix, et ce que cela vous apporte personnellement de faire cela. Ne faites pas de votre nouveau mode de vie un motif de rupture avec votre entourage et votre vie sociale !

Have fun 🙂

 

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2 réflexions sur “Qu’est-ce qui nous empêche de changer ?

  1. Ju dit :

    Bel article
    Pour ma part j essaie de vraiment limiter ma consommation de viande pour finalement acheter qu u e fois toutes les deux semaines de la tres bonne viande..tout ca depuis que j ai realise ce qu il fallait (eau, nourriture) pour produire 1kg de viande et en plus d une sensibilite a la cause animale
    J essaie aussi de reduire mes dechets.

    Mais quand je vois rien qu a lyon, alors que la ville investit des sommes folles pour des points de recuperation des sapins de noel’
    , et que ces memes sapins pourissent devant les maisons car les fens ne veulent pas faire 200 m je me dis que tout le mo de n est pas pret a eveiller sa conscience 😡

    Bisous

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