Après quoi court-on ?

Après quoi court-on running course à pied

Je n’ai pas tellement envie de construire une introduction à rallonge sur ce nouveau phénomène qui explose, vous le connaissez déjà, et je reste toujours étonnée de voir à quel point il contamine. Même moi qui ne suit pas une dingue de course-à-pied (je m’ennuie très vite), j’envie mes ami(e)s qui enchainent sorties sur sorties, et je me dis qu’il faudrait quand même que je m’inscrive de nouveau à une course, honorer le challenge que m’a proposé de relever mon frère…

Mais pourquoi ? Pourquoi me pousserais-je à tout prix à rechausser une paire de running alors que je fais déjà énormément de sport, et que je n’en ai tout simplement pas envie ? Pourquoi est-ce que je me forcerais à suivre cette mode ?

Finalement, après quoi courent toutes ces personnes ? Certains ont commencé pour perdre quelques kilos en trop, ou pour tout simplement retrouver la forme, d’autres ont toujours été actifs. Un pas en amenant un autre, une sortie en suivant une autre, elles ont fini par tout simplement en faire une habitude, une drogue, s’inscrivant à toujours plus de courses, et  (s’) investissant toujours plus.

Peut-être courent-elles après quelque chose ? Quelque chose de perdu ? Après le temps, après le bonheur, après un manque ? On gagne confiance en soi, on se sent plus performant, et on continue de courir après sa petite dose d’endorphine et de satisfaction personnelle : j’ai réussi une fois de plus, j’ai réussi à dépasser une nouvelle fois mes limites.

Nous courons chaque jour un peu plus nombreux car peut-être nous aimons être performants, aller toujours plus loin, et nous sentir plus forts, plus vivants. On retrouve cette maitrise de soi, qui se perd face aux courses contre la montre, au culte de performance érigé par notre société. Court-on malgré soi pour toujours plus d’efficacité, de productivité, d’effort ? Sommes-nous conditionnés et entrainés pour répondre à cet idéal de productivité sociale, en pensant justement éviter son stress quotidien ? Un tel engouement pour le running ne cache-t-il pas un besoin de s’ancrer encore davantage dans ce système en espérant sortir de la course plus performant et gagnant ?

J’en viens à me demander si finalement on court après le regard des autres, (au sens large : votre conjoint, votre famille, vos proches, votre patron, vos perspectives de carrière…), ou finalement pour soi. Où se pose la limite, entre mode, injonction sociétale à la performance, et plaisir personnel ?

Est-ce qu’après tout, on ne court pas après nous-même ? Au cours d’une perpétuelle quête du soi : qui suis-je, où vais-je, qu’est-ce qui me porte chaque jour un peu plus loin ? S’agirait-il au contraire plutôt d’une fuite, d’un retour vers soi, vers une certaine spiritualité dans l’individualité sportive : « je cours donc je suis ». C’est aussi rejoindre une famille, la grande famille des runners, qui s’échangent conseils avisés et encouragements, où la préparation d’une course jusqu’à sa réussite s’apparente presque à un rite de passage vers un échelon supérieur (en performance, pas en tant que personne). Une communauté qui ne doit pas vous juger, et qui vous aide à progresser pour que votre chemin personnel, parfois semé d’embûches, et parfois en ligne droite.

Je songe de temps à temps à enfiler mes baskets, et choisir mon chemin personnel, mon sentier battu, et je me dis que je n’ai pas besoin de courir pour éprouver ce sentiment de satisfaction et d’épanouissement personnel et spirituel : je trouve mon bonheur sportif ailleurs, et cela me convient très bien.

J’aime à garder cette maxime de Voltaire en tête « Un corps d’athlète et un esprit sage, voilà ce dont un homme à besoin pour être heureux ».

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2 réflexions sur “Après quoi court-on ?

  1. Running Sucks dit :

    Je crois qu’il existe autant de raison de courir qu’il existe de coureurs. J’avais écrit un article un peu dans le même style l’année dernière. J’en avais conclu qu’on continuait de courir parce que ça nous aidait à nous approprier nos existences et à être acteurs de nos vies. Tout un programme, hein.

    • Marine dit :

      Ca m’intéresserait de le lire ton article 😉 Je suis d’accord avec toi, à chacun son chemin. Il me semblait juste important de souligner le fait qu’il faudrait courir pour soi, pas pour les autres. Et que si ça ne nous dit pas, si on n’en a pas envie, tant pis !

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